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Belles gambettes comme les autres…



Jolie petite sirène

A la queue arc-en-ciel

Qui rêve de voyager

Avec son bien aimé

Sur cette terre

Pour y découvrir ses mystères.

Douce et fragile

Dans son océan d’exil

Elle quitte père et famille

Pour perdre son identité

Avec une nouvelle paire de jambes bien galbées.

Torture de ne plus flotter,

Elle prend conscience du prix à payer

Avec la sensation d’être lacérée

Par des bouts de verre à chaque foulée.

Dur poids à porter,

Cela n’est pas facile de marcher

Et d’être comme toutes ces autres filles

Faire partie de ce monde qui brille.

Elle doit à tout prix être embrassée

Par son prince charmant adoré

Sinon elle sera condamnée à souffrir pour l’éternité

Dans cette chair mutilée sans compensation et sans amour enflammé.

La perte de sa jolie voix n’aide pas à se faire comprendre.

Le prince, beau mais futile la prend sous son aile

Mais ne veut s’encombrer d’une femme handicapée, Alors il choisit celle qu’il trouve la plus belle

Dans son monde superficiel.

Il part avec la nouvelle mariée

Et la jeune sirène qui a tout sacrifié

N’a que ses yeux pour pleurer.

Ses sœurs apparaissent

Pour lui apporter le poignard magique

Qui lui permettra de rentrer à la maison,

Solitaire mais accompagnée.

Elles ont sacrifié leurs belles chevelures pour la ramener.

« Poignarde-le comme lui l’a fait et tu seras délivrée »,

Lui dit l’aînée.

Accablée par la tristesse elle ne peut se résoudre

A l’idée qu’il souffre

Et préfère dans un souffle se sacrifier,

Son corps vascille dans la mer pour se transformer en écume

Et ainsi accompagne le bâteau des jeunes mariés.


1989, année de ma naissance mais aussi de l’apparition à l’écran d’Ariel, la petite sirène. Il est cocasse de se dire que je suis née avec une hémiplégie et que dans le texte original du conte d’ Andersen, cette petite sirène voulait à tout pris des jambes pour être acceptée sur la terre. Même si le prix à payer était douloureux, elle était prête à tout comme moi lorsque j’ai voulu me faire opérer à l’âge de 13 ans pour avoir un pied, une jambe, une allure « normale ». Je me fichais du sacrifice tant que l’on pouvait m’aimer. Comme si, il était impératif d’avoir une enveloppe parfaite auprès des autres. Est-ce que la perfection existe vraiment ou se sont les codes de la société qui fluctuent pour mieux nous complexer ? Une chirurgie dite « réparatrice » mais pour qui ? Je suis née ainsi mais aux yeux des autres cela n’était pas acceptable, pourquoi la différence rebute tant les gens, qu’est-ce qui leur fait si peur ? De devenir comme nous ? Ils devraient être ouverts à la compassion et à la tolérance puisqu’ils sont tous si beaux.

Une beauté intérieure aussi fade que leur extérieur où tous ont les mêmes caractéristiques des standards de mode ? Dictés par qui ?

Aujourd’hui, je ne regrette pas mon opération car cela m’a permis d’explorer beaucoup de stades de rejet et d’acceptation qui m’ont fait comprendre que si je ne m’aimais pas pour ce que j’étais et que je ne prenais pas conscience de ma valeur, les autres ne pourraient pas le faire à ma place. Je me dis tout de même que si j’avais entrepris un travail intérieur un peu plus tôt (mais nous avons chacun notre rythme, l’acceptation de l’escargot fait aussi parti du cheminement intérieur) je me serais peut-être acceptée plus rapidement et aurais moins de douleur. Car oui, c’est une souffrance terrible dès l’opération, même après la rééducation qui se fera durant toute ma vie. Je ne veux pas être condamnée avec cette douleur, c’est pourquoi j’ai revu tout mon train de vie et essaie de ne pas compenser mon handicap dans le « toujours plus ».

Ce n’est pas évident surtout avec une société qui nous pousse dans la surconsommation matérielle mais aussi dans la perfection de nous-même. Il faut être à la fois partout sans y être vraiment. Absurde ?! Pourtant nous sommes tous à notre manière impliqués dedans.

Il nous est difficile de regarder une personne sans la juger au premier regard mais au-delà, vous pourrez apercevoir le bel être de chaque personne même de celui le moins attirant. Chaque personnalité a une beauté, seulement nous ne nous connaissons pas assez pour savoir qui nous sommes et nous occupons notre esprit à accessoiriser notre enveloppe charnelle. A qui sera le plus désirable ou le plus minable ?

Changer son aspect physique n’est pas anodin et les séquelles que cela engendrent restent et évoluent avec le poids des années.

Je suis handicapée avec une jambe qui ne ressemble pas à l’autre et alors est-ce si important d’être si symétrique ?

Se découvrir c’est aussi prendre conscience de ne pas mutiler son enveloppe corporel, en prendre soin fait parti de l’acceptation d’être différent !

On peut avoir un handicap sans accessoire qui atteste que nous le sommes bien. Traitons autrui avec empathie et respect pour ainsi découvrir, je l’espère l’harmonie.

Et vous, avez-vous déjà modifié votre corps pour vous sentir accepté dans ce monde ?

Explorez-vous, aimez-vous et partagez en commentaire si vous le désirez.


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