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Blanche Neige et la puissance des troubles psychosomatiques



Poème à mes bourreaux


Qui sont mes bourreaux ?

Mes troubles anxieux !

Ils me font croire qu’une simple pomme anodine

Peut paraître l’illusion d’un instant de triste vérité

Sur le chagrin de manger.

Tel un mirage, la pensée noire se loge

Pour ainsi se délecter

Et prendre l’ascendant sur l’action d’avaler.

Il est tortueux d’avoir faim

Sans pour autant satisfaire ce besoin.

Une maladie vicieuse

S’est logée à sa gorge

Et l’empêche, pour une raison inconnue

De déglutir sans angoisse.

La peur de s’étouffer, bien présente,

N’empêche pas le pêcher d’une gourmande

Qui aime pourtant se régaler de différents mets.

Elle le fait en secret,

Par honte et peur

Que les autres remarquent son effroi

Lors de son repas.

Beaucoup ne peuvent comprendre

Car ils ne subissent pas le même désarroi !


Rassasier une faim

Est son cruel destin,

Qu’une simple pomme

Devienne son festin.


Ne pas sous-estimer

La puissance des troubles psychosomatiques

Qui alternent son jugement, ses saveurs et ses besoins.

Elle a beau essayer,

Il n'y a que la pomme

Avec son goût fruité

Que son esprit arrive à apprécier.

Comment un besoin primaire peut devenir tourment au point de ne pas se nourrir convenablement ?



Mes premières crises d’angoisse ont commencé vers l'âge de 20 ans, j’étais avec ma mère au restaurant à côté de là où j’habitais à Paris. Je me rappelle que j’avais du mal à déglutir le plat mais je me suis dit que ça devait être un mal de gorge et que c’était normal que lors de la déglutition cela soit désagréable. Puis vint le dessert une tarte aux pommes que je commence à manger mais je n’arrive pas à la déglutir, on dirait que le morceau est coincé, je regarde autour de moi paniquée et un peu honteuse de la situation. Je bois de l’eau mais j’ai l’impression d’étouffer alors je dis à ma mère qu’il faut que je sorte prendre l’air. Nous payons et sortons un peu affolées. Je lui fais part que je ne vais pas bien du tout. Il y a une épicerie à côté donc je vais prendre une bouteille d’eau et même en buvant la moitié de celle-ci cette sensation ne passe pas. On décide de se rendre à l’hôpital en taxi, je ne me souviens plus des détails car j’étais très anxieuse mais il me semble que lorsque nous nous sommes rendues au premier hôpital on nous a orientées vers un autre où il y avait un gastro qui pourrait regarder ma gorge. Donc à la deuxième urgence, le médecin m’ausculte et me demande si ma gêne est encore présente. Je lui dis que oui mais pour lui il n’y a pas d’aliment coincé dans ma gorge, il me répond que c’est juste une angoisse. Surprise je lui demande de m’expliquer qu’est-ce qu’une angoisse car je n’avais jamais eu cette sensation aussi importante auparavant, alors pourquoi cela arrive maintenant ? Il y a quelques heures j’étais « presque » normale et en une tarte aux pommes me voila affublée d’un trouble anxieux alors qu’en plus j’aime la nourriture et je ne me sentais pas du tout grosse au point de me faire un régime mental forcé.

A cette période de ma vie je faisais du théâtre en cours professionnel, je fumais pas mal de clopes et suçais des pastilles pour la gorge car j’avais comme des extinctions de voix, dû sûrement au stress de monter sur scène.

Je commençais à comprendre que je n’étais pas épanouie contrairement à ce que je pensais, d’ailleurs comment pouvais-je avoir le temps de penser entre le théâtre, mon job de vendeuse à côté des Galeries et mes fantômes du soir qui me terrorisaient.

A partir de ce moment il y eu comme une plaie à l’intérieur de moi et dès que je voyais la nourriture qui me regardait dans mon assiette j’appréhendais la déglutition. Cette sensation d’étouffement invisible était terrifiante à la fois par la peur de mourir et la honte que ce soit ainsi ! Et surtout que l’on me voit dans ce désarroi. Alors je m’isolais pour manger afin de bien mastiquer comme un chien « enragé » et je buvais à chaque bouchée mais ça ne suffisait pas et je ne pouvais au bout d’un moment plus manger de plats chauds. Il n’y avait que la salade, les crudités et glaces qui passaient… du frais !

Ma consommation d’eau avait aussi beaucoup augmentée et j’ai commencé à perdre, perdre, perdre pas mal de poids. Je mesure 1m59,9 pour 48kg.

Y en avait marre et en plus j’avais envie de manger des patates ! Alors dans un coup de folie, j’ai pris la pomme de terre cuite et je me suis forcée à la manger complètement et là, quelque chose en moi s’est débloquée. Je ne voulais plus de coup de panique à chaque bouchée ou d’ambulance qui vienne me chercher en essayant de me prendre des mains ma bouteille d’eau car j’étais trop hydratée, je me souviens même de mettre mise à grogner tellement j’avais peur et mis ma tête par la fenêtre du véhicule car je pensais avoir du mal à respirer. Peut-être que ces angoisses arrivent pour nous faire comprendre des choses ou nous alerter que nous ne sommes pas heureux.

Nous pensons que nous nous battons contre nous-même mais il faut juste trouver la bonne manière de communiquer pour comprendre que toutes les parties désirent aller mieux et être en bonne santé physique et psychologique.

Là j’ai 31 ans et j’ai encore des réminiscences de peurs, phobies de m’étrangler avec certaines bouchées mais c’est plus rationnel car c’est avec les arêtes de poisson ou les fils d’haricots verts donc c’est plus mesuré.


Et surtout c’est POSSIBLE de sortir d’un trouble psychosomatique ! 🖖


Subissez-vous aussi des angoisses ? Lesquelles ?

Partagez vos anecdotes en commentaire, si vous le désirez, ensemble nous sommes plus forts !


Contact :

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📸 @marianne_paillet_marade

📲 Marianne Paillet

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